La distillerie Glen Moray est située sur les rives de la rivière Lossie, dans la ville d’Elgin, la capitale du Speyside.
La région de “The o’Moray” a toujours été réputée pour la qualité de son orge, grâce au climat particulier de cette zone (quarante jours d’été de plus qu’ailleurs en Écosse). En 1815, une brasserie fut construite à l’endroit où se trouve aujourd’hui la distillerie. À cette époque, Elgin comptait plus de quatre-vingts brasseries. Les environs d’Elgin étaient connus comme le grenier à blé de l’Écosse. La brasserie Henry Arnott & Co, West Brewery, fut transformée en 1897 par Glen Moray Glenlivet Distillery Co. Ltd. en distillerie. Les bâtiments de l’ancienne brasserie restèrent en grande partie intacts lors de la transformation.
La distillerie ne connut pas une longue existence, car elle fut fermée en 1910. En 1912, Glen Moray rouvrit à deux reprises, avant de fermer à nouveau. Ce furent des années difficiles pour l’industrie du whisky. En 1923, la distillerie fut reprise par Macdonald & Muir, qui fut ensuite intégré à Glenmorangie Plc. Le directeur de Glenmorangie de l’époque dut relancer l’activité afin de remettre la distillerie en production. La dernière fermeture de Glen Moray eut lieu pendant la Seconde Guerre mondiale, de 1940 à 1945. Pratiquement toutes les distilleries durent alors fermer en raison du manque d’orge.
En 1958, la distillerie fut profondément rénovée. Le nombre d’alambics passa de 2 à 4 et les aires de maltage furent remplacées par une Saladin box. Cette Saladin box disparut à son tour en 1977.
En 1985, la distillerie fut à nouveau rénovée. Environ 50 000 fûts ex-bourbon et refill sherry sont entreposés dans le chai, où le whisky vieillit. On utilise principalement des fûts de bourbon, achetés auprès des distilleries Makers Mark et Heaven Hill. Ces fûts apportent des notes riches et épicées aux différentes qualités. Glen Moray utilise également des fûts ayant contenu des vins issus des cépages Chardonnay et Chenin Blanc. L’eau de brassage provient naturellement de la rivière Lossie, à 250 mètres de là, dont la source se trouve dans plusieurs ruisseaux issus des Mannoch Hills situées au sud.
Le directeur Graham Coull met l’accent sur le microclimat lorsqu’il décrit l’ADN de son whisky. « Le climat légèrement plus chaud du Moray et l’altitude plus basse de la distillerie favorisent l’absorption de l’alcool par le bois, ce qui accentue l’influence du chêne sur la saveur. Les chais “dunnage” situés en contrebas (qui sont régulièrement inondés) contribuent à la souplesse du produit. Ajoutez à cela la forte proportion de fûts first fill et vous obtenez un whisky à l’équilibre remarquable entre douceur et épices. » La saveur est belle et complexe ; du miel imprégné de bruyère et des épices chaudes, associés à une touche de fumée de chêne. La finale est délicieusement douce et longue. Un whisky que l’on n’oublie pas de sitôt.